
Iran in the Streets: A Narrative of Protests, Hopes, and Expat Political Forces
January 10, 2026
A Wounded but Standing People — An Emotional Narrative from Iran’s Protests
January 13, 2026Depuis quatorze jours, l’Iran respire difficilement ; les rues, places et ruelles sont remplies des cris des jeunes qui regardent vers l’avenir et ne peuvent plus rester silencieux. Mais cette fois, la colère n’est pas seule—l’espoir se voit également au milieu des vagues tumultueuses de slogans. Chaque chant, chaque mouvement, chaque pancarte raconte des années de douleur, de répression et de désespoir qui ont conduit la société à ce point.
Il ne s’agit plus seulement d’une question politique ou économique. C’est une histoire humaine et collective : des femmes luttant pour leurs droits dans les rues de Téhéran, Ispahan et Sanandaj ; des jeunes dont l’avenir a été volé pendant des années ; et la classe moyenne qui se lève pour préserver le strict minimum de leur vie.
Aux côtés de cette vague sociale, les forces politiques à l’étranger tentent de façonner le récit à leur avantage. Ces récits remplissent l’espace médiatique ainsi que la conscience historique et politique des citoyens et des analystes. Parmi elles, deux groupes attirent le plus l’attention : l’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran (OMPI/MEK) et le mouvement monarchiste dirigé par Reza Pahlavi.
L’Organisation des Moudjahidine du Peuple d’Iran : de l’espoir au doute
Lorsque l’on parle de l’OMPI, on ne peut ignorer son histoire amère. L’organisation, formée dans les années 1970 et au début des années 1980 comme force d’opposition au gouvernement iranien, a ensuite suivi des chemins controversés et complexes qui compliquent son rôle aux yeux du public et de l’histoire iranienne aujourd’hui.
Collaboration avec Saddam Hussein
Pendant la guerre Iran-Irak, l’OMPI a collaboré avec Saddam Hussein, établissant des bases militaires en Irak et menant des opérations contre l’Iran. Cette coopération historique a laissé une ombre sur le groupe, poussant une grande partie de la population iranienne à considérer ses messages avec suspicion.
Assassinats et attentats
Dans les années 1980 et 1990, l’OMPI a mené plusieurs opérations terroristes, y compris des assassinats de responsables et des attentats dans les rues et centres gouvernementaux. Même si le groupe a changé ses méthodes aujourd’hui, ce passé violent reste ancré dans la mémoire publique, générant une méfiance durable.
Désignation comme organisation terroriste
En raison de ses actions passées, l’OMPI a été inscrite pendant des années sur la liste des organisations terroristes par plusieurs pays et institutions internationales. Ce passé officiel limite sa légitimité politique à l’étranger et continue d’affecter la perception publique malgré l’abandon de la violence.
Manque de popularité auprès du public
Malgré une structure organisée, l’OMPI n’a jamais gagné de véritable popularité parmi les différentes couches sociales en Iran. Même aujourd’hui, parmi les jeunes dans les rues, il n’y a aucun signe de volonté de les suivre. Ils restent davantage une force médiatique et organisationnelle à l’étranger qu’un leadership populaire réel à l’intérieur du pays.
Rôle potentiel dans les manifestations actuelles
Néanmoins, leurs capacités organisationnelles et médiatiques ne peuvent être ignorées. L’OMPI peut influencer le récit international sur les événements intérieurs et appliquer une pression politique externe, bien qu’il n’y ait aucune garantie que les Iraniens à l’intérieur du pays les reconnaissent comme leaders, même en période de crise.
Reza Pahlavi : symbole ou leader ?
De l’autre côté se trouve le mouvement monarchiste dirigé par Reza Pahlavi. Ce mouvement a principalement tenté de se présenter comme une figure nationale unifiant le peuple. Les médias et réseaux sociaux le couvrent largement, et des slogans en faveur de la monarchie ont été entendus lors de certains rassemblements.
Avantages et capacités
Reza Pahlavi :
Est une figure reconnue parmi de nombreux Iraniens à l’étranger
Offre un message clair et compréhensible : retour à l’ordre, à la modernité et à la légitimité
Maintient un réseau médiatique actif et populaire parmi certains jeunes
Limitations et défis
Cependant, des limitations significatives existent :
Absence de présence opérationnelle en Iran
Pas de bases locales de soutien
Divisions internes au sein du mouvement monarchiste
Éloignement des secteurs sociaux actifs dans les manifestations de rue
En d’autres termes, Reza Pahlavi peut servir de symbole et de source d’espoir, mais il n’est pas un leader opérationnel du mouvement de rue. Il peut agir comme coordinateur ou médiateur dans la politique future, mais il manque de pouvoir pour mobiliser les gens dans les rues ou à travers les régions.
Autres groupes politiques à l’intérieur et à l’extérieur du pays
L’Iran ne se réduit pas à trois groupes politiques. Aux côtés de l’OMPI et des monarchistes, d’autres factions jouent un rôle important :
Libéraux et républicains laïques : discours clair, légitimité intellectuelle et liens civils, mais structures opérationnelles faibles et influence limitée
Nationalistes et groupes national-religieux : respect historique, mais organisations affaiblies et absence médiatique
Forces de gauche et ouvrières : analyse de classe et liens avec travailleurs et grèves, mais fragmentation et disputes internes freinent l’action
Partis ethniques (Kurdes, Baloutches, Turkmènes) : capacité logistique et sur le terrain, mais acceptation nationale limitée
Cette combinaison garantit qu’aucun groupe ne peut diriger le changement seul, et tout mouvement réussi nécessitera la synergie de ces forces.
Le peuple iranien : le véritable cœur du changement
Le peuple est le moteur du changement :
Femmes en tête dans les rues
Jeunes politiquement conscients et assertifs
Classe moyenne réengagée
Travailleurs et enseignants avec potentiel de grèves massives
Bien que dispersées, ces couches constituent la base principale de tout véritable changement. Ils sentent qu’ils n’ont plus rien à perdre, rendant leur résistance intense et soutenue.
Perspectives à six mois
Scénario 1 : continuation des manifestations dispersées
Vagues courtes et longues
Répression gouvernementale continue
Opposition étrangère divisée
Les gens manifestent leur mécontentement, mais aucun changement ne se produit
Scénario 2 : vagues plus larges et grèves nationales
Crise économique, inflation et pénuries intensifiant la colère
Grèves de travailleurs et d’enseignants maximisant la pression
Classe moyenne et femmes plus actives
Groupes étrangers augmentant la pression médiatique et internationale
Scénario 3 : émergence d’un conseil de direction conjoint ou nouveau leader
Si les factions mettent de côté leurs différends, un leadership relatif peut se former
Scénario moins probable mais clarifiant la transition
Scénario 4 : fracture dans le gouvernement et les forces de sécurité
Si une partie du corps des Gardiens de la Révolution ou des forces de sécurité manifeste son mécontentement
Effondrement structurel rapide
Groupes armés ethniques et organisations étrangères prennent un rôle plus visible
Conclusion émotionnelle et analytique
L’Iran se tient aujourd’hui à un moment historique. Les rues sont remplies de jeunes qui se battent non seulement pour leurs droits, mais pour la dignité, la liberté et la vie elle-même.
À leurs côtés, les forces politiques étrangères apportent leurs récits et outils :
L’OMPI avec sa structure et son réseau médiatique
Reza Pahlavi comme figure symbolique et espoir
Monarchistes, libéraux, nationalistes et gauchistes jouant différents rôles
En fin de compte, aucun groupe ne peut réaliser le changement sans le peuple iranien et sans synergie entre ces forces.
Ce mouvement est à la fois humain, politique et historique. Les jeunes générations, les femmes, la classe moyenne et les travailleurs en sont le moteur. L’histoire montre qu’une telle colère et un tel espoir collectifs ne peuvent être éteints, même sous la répression.
Le message final est clair : le véritable changement ne surviendra que lorsque le peuple iranien, avec tous les groupes et les divisions historiques, créera une voie commune vers un avenir de justice, liberté et sécurité.
Samedi 10 janvier 2026
Javad FIROZMAND





